Il fut un temps où le balayage, et plus précisément la fréquence de rafraichissement à l’écran des jeux de console pouvait constituer un problème pour la vue de nos chérubins. Toutefois, l’évolution des technologies a eu gain de cause et la qualité d’affichage des jeux vidéo sur un téléviseur est désormais aussi bonne sinon supérieure à celle des émissions de télévision en réception hertzienne, ce qui les rend tout aussi inoffensives…

GARDER SES DISTANCES...

A ceci près que l‘inconvénient majeur reste la distance souvent trop faible qui sépare l’écran des yeux de l’utilisateur, limité par le cordon de la manette de jeu. Certes, certaines consoles s’affranchissent aujourd’hui de cette contrainte de rapprochement, mais les habitudes sont dures à perdre.

Cependant, l’importance de la distance dépend également du type de téléviseur dont vous êtes équipé. A l’inverse des tubes cathodiques qui rayonnent vers l’avant et vers l’arrière et peuvent entraîner des lésions oculaires graves, les écrans LCD ou plasma, et bien entendu les rétroprojecteurs, n’émettent aucune radiation électromagnétique. De ce fait, une distance moindre par rapport à l’écran n’est en aucun cas nocive, si ce n’est du point de vue de la fatigue visuelle qu’elle occasionne au bout d’un moment, laquelle se matérialise par des picotements dans les yeux liés à une diminution de l’irrigation de la paroi oculaire, voire par des maux de tête.
Il est important de signaler que la fatigue visuelle ne crée aucun dommage permanent à l’oeil, ni une perte de vision, mais peut être très inconfortable.

A cet égard, vous devez toujours garder à l’esprit que la bonne distance par rapport à un écran à tube cathodique doit être de trois fois supérieure à la taille de sa diagonale. Ainsi, pour un écran de 67 cm de diagonale, vous devrez vous placer à une distance minimale de 2,01m.

JEUX TROP CALMES S’ABSTENIR...

Au laboratoire Brain and Vision, de l’université de Rochester (Etat de New York), on a étudié l’effet des jeux vidéo d’action sur la vision. Des volontaires peu habitués aux jeux vidéo ont été répartis en deux lots et priés de jouer régulièrement de façon à suivre l’évolution de leurs réponses aux tests habituels d’ophtalmologie.
Le protocole du test était le suivant : les étudiants du premier lot devaient s’entraîner une heure par jour à “UnrealTournament”, un jeu d’action du genre “shoot them up”, tandis que ceux du second lot devaient passer le même temps devant le bon vieux “Tetris”.
Après une trentaine d’heures à ce régime, les joueurs du premier lot voyaient leurs résultats s’améliorer avec un gain pouvant atteindre 20 % dans les tests mesurant la résolution spatiale et consistant par exemple à repérer des lettres orientées dans tous les sens. En revanche, les performances visuelles des joueurs du second lot, ceux qui s’entraînaient à “Tetris”, ne présentaient aucune amélioration.
Pour la directrice du laboratoire Brain and Vision, Daphne Bavelier, qui présente ces résultats dans Psychological Science, les jeux d’actions entraîneraient le cerveau à analyser rapidement des images. Quant à “Tetris”, s’il exige une bonne vitesse de traitement, les formes à reconnaître sont graphiquement simples alors qu’un jeu d’action présente des scènes complexes, au sein desquelles il faut être attentif à tout.

JEUX VIDÉO CURATIFS…

Les scientifiques, dont l‘équipe de recherche sur l’application de techniques de réalité virtuelle de l’université anglaise de Nottingham, vont même jusqu’à avancer que les améliorations toucheraient non seulement le champ visuel central, concerné par les jeux, mais aussi le champ périphérique. Les chercheurs suggèrent que le jeu vidéo d’action pourrait peut-être servir au traitement de l’amblyopie, ou “oeil paresseux,” un trouble visuel qui affecte de nombreux enfants en bas âge, quand l’un des yeux n’est pas assez stimulé.
L’amblyopie se présente sous différentes formes, mais faute d’un dépistage suffisamment précoce, elle peut perdurer, et atteindre un stade où la vision binoculaire est sérieusement altérée, voire impossible. Les origines de ce dysfonctionnement oculaire peuvent être diverses, parfois génétiques, et surtout très handicapantes dans la vie quotidienne.
L’équipe de l’université de Nottingham s’est rendue compte que le fait de solliciter l’oeil malade de patients atteints d’amblyopie à l’aide de jeux
vidéo apportait des résultats tangibles, notamment chez de jeunes patients. Le fait que l’attention des joueurs soit attirée, en succession rapide, vers différentes zones de l’écran, oblige les deux yeux à “coopérer” davantage, et pourrait dans certains cas légers se substituer au port d’une oeillère sur l’oeil valide. Cette dernière technique de rééducation requiert en général jusqu’à 400 heures de soins, étalées sur plusieurs
mois, et gêne considérablement la vie sociale des enfants et des adolescents, lesquels troqueraient volontiers “l’oeillère de pirate” contre une console de jeu...