Au cours des trente dernières années, on nous a appris à nous méfier de ce qui était beau et bon, en nous amenant à une consommation raisonnée, synonyme de vie saine. Ce qui est vrai pour le bon vin et la bonne chair, l’est aussi pour le soleil.

Nécessaire à notre bonne santé, pourvoyeuse de vitamine D, de bonne humeur et de belles couleurs, notre soleil doit néanmoins être consommé avec modération, sous peine de vieillissement prématuré de la peau, de mélanomes, de baisse prématurée de la vue ou pire, de détérioration irréversible de la cornée, du cristallin, voire de la macula, débouchant sur l’apparition de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge)… Les responsables : les ultraviolets.

Lorsque les rayonnements solaires nous parviennent, ils ont préalablement été filtrés par les différentes couches atmosphériques, en particulier la couche d’ozone. Sans cela, la vie, telle que nous la connaissons, serait purement impossible sur Terre. Parmi les rayonnements qui subsistent, seuls nous sont perceptibles les rayons qui fournissent la lumière (lumière visible). En revanche les rayons les plus nocifs, ultraviolets ou infrarouges, sont totalement invisibles. A faible dose, les infrarouges ne sont pas dangereux. En revanche, les ultraviolets ont des effets destructeurs d’autant plus importants qu’ils sont éloignés du spectre visible. Il en existe 3 catégories (par ordre croissant de longueur d’onde) : les UVC, les UVB et les UVA. Les plus dangereux, les UVC, sont heureusement arrêtés par la couche d’ozone. les UVB sont absorbés par l’ensemble des tissus, y compris oculaires.

LES ENFANTS : PREMIÈRES VICTIMES DES UV

Le cristallin et la cornée absorbent la majeure partie des UV, ce qui risque à terme de provoquer des lésions. Le renouvellement permanent des cellules compense ces agressions, mais il existe un effet cumulatif. Une exposition fréquente aux UV dès le plus jeune âge, peut ainsi occasionner plus tard de graves problèmes rétiniens.

D’où l’importance de bien protéger les yeux des enfants ! Les risques existent dès le lever du soleil, et augmentent fortement entre 11 et 15 heures. La neige, l’eau et le sable qui réfléchissent respectivement 80%, 20% et 10% sont des facteurs à haut risque.

Et plus l’enfant est jeune, plus le danger est grand. Les yeux des enfants sont beaucoup plus perméables à la lumière que ceux des adultes. De plus, leur cristallin ne filtre pas la totalité des UV avant 10-12 ans. Chez un bébé, la transmission des UVA et UVB vers la rétine est totale. Chez l’enfant de 10 ans, 60% environ des UVA et 25% des UVB atteignent la rétine. Les effets nocifs de la lumière sont encore plus importants chez les enfants peu pigmentés, tels que les blonds aux yeux clairs.

LES PREMIERS RAYONS

Ne vous méprenez pas. Qu’il fasse -10° ou +40°, le soleil est tout aussi nocif. Pourtant, nombre de personnes évaluent encore les dangers du soleil en fonction de la température…

Le printemps est à cet égard un piège dans lequel il faut absolument éviter de tomber. Il fait encore frais, mais les journées sont belles et ensoleillées. Tous les ingrédients sont réunis pour mener à une baisse de vigilance et, par conséquent, à un risque accru d’exposition pouvant entraîner une dégradation visuelle.

La solution est simple : quelle que soit la température extérieure, dès que le soleil darde ses rayons, hiver comme été, en automne comme au printemps, chaussez vos lunettes solaires.

Attention toutefois ! Il est plus dangereux de porter des lunettes de soleil inefficaces qui ne protègent pas des UV, que de ne pas en porter du tout. En effet, à l’ombre des verres teintés, la pupille se dilate, laissant ainsi un passage plus important aux rayons UV néfastes. Votre opticien pourra vous conseiller et vous orienter dans vos choix.